Il y a un truc vaguement puant qui traînasse dans la réacosphère. Je ne voulais pas en parler par politesse mais je crois que le seuil de bêtise acceptable a été dépassé, autorisant maintenant le sans rancunisme.

Alors, en fait, il s’agit d’un truc, qui dit que, bah c’est bien simple, tout vient de l’Eglise. Au choix, collectiviste ou source de tout le modernisme ou le progressisme ambiant, mais en fait on est quand même moderne ou progressiste (j’essaie de retranscrire le plus fidèlement possible). Parce qu’on a lu Chesterton et Nietzsche, tu vois, on ne nous la fait pas. Ah oui, dernière contextualisation, ces gens-là sont LIBRES.

Donc, grosso modo, il s’agit souvent de subversion à la petite semaine assez brouillonne (tu sais il y a des choses intéressantes dans l’anarchisme), de techno-futurisme ethnico-libertaire (oui, je sais…), d’un vague anti-collectivisme (trop de procédure, trop de liturgie, trop de doctrine, trop d’horaires figés de messe, trop de latin incompréhensible, trop pour un esprit LIBRE comme le mien, tu vois ?), d’un élan de courage intellectuel (ils tapent en général sur des autorités morales et intellectuelles telles Lapaque ou Boutin, tu vois, dans le fond, ils sont un peu casse-cou ces gens-là), et d’un transfert de responsabilité de la décadence sur l’Eglise le tout à coup de relativisme LIBéral-LIBertaire (en fait, si tu veux, la décadence c’est parce que l’Eglise nous a imposé ses vues et qu’on n’est pas LIBRE, tu vois, par exemple des avortements, bah y’en a marre des vues de l’Eglise, qu’est-ce qu’elle vient nous emmerder, on veut vivre LIBRE, ah y’en a 200 000 par an, bah c’est pas grave, et au nom de quoi ne pourrait-il pas y en avoir 200 001, hein ? Et y’a les utérus artificiels aussi, tu vois, ça me révolte, ah ils vont être autorisés ?, là n’est pas la question en fait, on veut vivre LIBRE, c’est tout, tu vois la LIBerté ?, tu sais ce que c’est la LIBerté ?).

Selon eux, tout croyant est potentiellement islamiste ou socialiste. Parce qu’ils surfent sur les bleaugues et parce qu’ils fréquentent des traditionalistes ou simplement parce que leur imagination est fertile (souviens-toi l’ethno-futurisme libéral-anarchiste), ils vous ressortent souvent un passage des Intransigeants ou un bout de conversation assez suspecte tenue avec un traditionaliste qui aurait déclaré préférer la burka au string (c’est à peu près de ce registre-là).  Au passage, on aimerait connaître ces traditionalistes sans cesse cités. Ou mieux, pourquoi ne pas démolir une encyclique, ça serait intellectuellement plus stimulant, non ? Eventuellement, en dernier ressort, un petit couplet sur la pédophilie ou le sida en Afrique, parce qu’on ne se refuse rien et si l’on n’aime pas LIBé, on reste LIBRE de pouvoir  singer ses pisse-copies.

Selon eux toujours, il n’y aurait pas de différence entre les lois et la Loi, les institutions et l’Institution. D’où le collectivisme. A ce sujet, ils mettent souvent des majuscules un peu partout pour paraître vaguement théologien et nous faire comprendre que la religion, bah, eux, ils la connaissent et c’est précisément pour ça qu’ils y voient la source de notre décadence. Et même s’ils ne la connaissaient pas, ils sont LIBRES de pouvoir l’accabler.

Bref, un truc assez fascinant, donc. Un petit parfum de fils indigne qui renie ses origines et qui ne doit strictement rien à ses parents. Non, il s’est construit tout seul, il est LIBRE.

Le conservateur s’en est fait écho.

Amusé et attendri, j’appose ma signature sur ce billet.

Et sans rancune. J’t'en offre une ? Tu es LIBRE de l’accepter et ça ne t’engagera à rien, don’t worry, baby blue.

J’aime beaucoup son air de petit con taquin. L’ambiance de malaise, l’intermittent qui n’a pas répondu aux salutations du Président et qui va se faire remonter par l’intersyndicale, etc. j’aime bien.

Le présentateur a été formé par ABC (nos amis des 4 régions, supère sympâ etc.).

Je ne suis pas franchement du genre servile, mais il faut bien s’incliner devant l’évidence du talent. Par crainte que vous ne passiez à côté de ce bleaugue, il faut absolument évoquer le cas du Bal des dégueulasses.

Ce qui est épatant avec ce garçon, c’est qu’il vise -allez, presque- toujours juste. LBDD est soit médecin, soit suisse, je ne vois que ça. Toujours impeccable sur le diagnostic et toujours d’une rare précision, sans fioritures, sans grandiloquence, sans référence inutile (Muray et les Possédés de Dostoïeveski en flux continu)  ; accessible et pédagogue, ça force vraiment le respect.

Le tout avec un style épuré à l’américaine. L’époque est au désastre, pas le temps de faire des circonvolutions plus ou moins inspirées. Et, entre nous, vouloir faire du style après ceux qui nous ont précédés, il y a comme maldonne. Autant dire les choses clairement.

J’ignore s’il repasse ses billets, s’il les travaille beaucoup, s’il maquille l’inévitable atterrement qui saisit tout réactionnaire à l’ouverture d’un journal, j’ignore comment il arrive à dépasser la facilité du sarcasme, de la polémique. La précision et la distance d’un disséquant, je ne vois vraiment que ça. Il trace à la craie, tranquillement, les contours du cadavre France & Co., voilà tout.

Lorsque Finky, pour qui j’ai pourtant beaucoup d’estime, a des moments d’indignation (ce fameux passage “voir l’Eglise de France, si vous voulez, abandonner complètement cette vision augustinienne du Mal pour cette espèce de rousseauisme”) avec le ton d’un amoureux déçu, je ne peux m’empêcher de me marrer. Sa rigueur universitaire dépassée par l’ampleur du désastre, c’est forcément tragique et donc drôle. A partir de 7 : 30 (toute l’interviou est brillante mais à partir de 7:30 c’est le sommet de l’indignation):

Tandis que LBDD semble s’attacher à ne pas succomber à la tentation de l’effroi, contrepartie de la lucidité. C’est donc remarquable.

Vous l’aurez compris, je ne manque jamais un de ses billets. Je vous recommande donc la lecture de ce bleaugue. En souhaitant du courage à son auteur pour son livre et pour la suite.

Paul Debedeux, sympathique réactionnaire tout nouveau sur la réacosphère (crès crès bien tout ça, de plus en plus de blogs réacs, ça leur fera les épaules au moment de creuser notre fosse) me consacre un billet. Il est heureux de figurer dans la blogroll de Charlie. A cette occasion, il décide d’ouvrir une bouteille ce soir. Les réactionnaires sont des gens formidables. Allez donc y faire un tour.

Un passage étonnant dans un article de commande sans intérêt du Figaro (redondance maximale) :

Dans l’absolu, un policier marié à une Asiatique, ayant une origine orientale ou de la famille vivant dans un pays de l’Est sera écarté de la DCRI. Nous savons que des services étrangers cherchent à nous infiltrer.

Je n’aime pas taper sur l’Eglise mais parfois, c’est très difficile. Disons simplement que l’Eglise n’est jamais aussi pitoyable que lorsqu’elle singe les conneries modernes. Voilà, c’est dit. La preuve :

L’échec n’est qu’une étape éphémère dans un processus de réussite durable™. Slogan d’Alain Bécile, consultant bien-pensance et côtche Citoyen.

Je ne pouvais inaugurer ce bleaugue autrement que par une interviou d’Alain Bécile. Alain Bécile, notre ami. Lors de cette interviou, il se livrera. Il précisera ses projets économiques (ceux qui seront appliqués, donc), évoquera sa passion pour la gastronomie chinoise (attendez-vous à vous voir présenter des radis chinois dans n’importe quelle réception branchouille), et sera plus que jamais lui-même. A ne pas rater,  la première partie c’est tout de suite sur Pigasus.

Bonjour Alain Bécile. Alain de Benoist qui ne partage avec vous que son prénom, a introduit l’idée de décroissance dans les milieux dits de droâte. Ces derniers temps, l’idée apparaît même parmi ce vaste vivier de clients potentiels que représente la réacosphère (je rappelle à nos lecteurs que vous êtes coach Citoyen et consultant bien-pensance au profit de nombreuses organisations et personnalités, à commencer par la mienne). Je ne connais pas particulièrement cette question, je n’ai qu’une vague idée de la décroissance. En revanche, j’ai quelques idées sur ce qui se profile, nous en parlerons. Mais avant toute chose, le plus important me semble de connaître la position des libéraux qui en ont un tout petit sur cette question fondamentale qui est celle de la décroissance ?

Bonjour, je la ferai courte. La croissance, c’est la vie. La croissance, ces capitales qui me sont chères, ces tours, ces cadres qui s’affolent, ces sandouiches, cette interactivité, ces villes dynamiques, ça coule dans mes veines tout ça.

La simple hypothèse que cette idée apparaisse dans le paysage politique m’effraie. A l’heure où nous avons en face de nous des mastodontes économiques, cela me semble suicidaire. C’est une idéologie de losers.

Néanmoins, si vous évoquez la décroissance à des fins écologiques, et c’est là une ambition louable, sachez que j’entends la détresse de notre bien-aimée Terre et je crois que des solutions de développement durable sont désormais nécessaires…

Je vous interromps. Pas avec moi, le machin durable, Alain. Soyons sérieux.

Si vous voulez être sérieux, très bien. En face, vous avez des bataillons en rangs serrés de jeunes ingénieurs dont les parents bouffaient des racines. Et croyez-moi, des racines, même de radis chinois, c’est pas franchement revigorant. Ils ont la dalle, ces gens-là. J’en sais quelque chose, mon coach nutrition m’en a conseillé le matin, pour mon régime. J’ai un peu de ventre en ce moment ; tu sais, la quarantaine ça peut vite devenir sinistre Charles. [Il caresse son ventre puis reprend]. Fais pas trop le malin, tu repenseras à moi à 40 balais passés, crois-moi. Bref, là n’est pas la question, alors, oui, la décroissance, quelle idée… Lorsque le débat national français se concentre sur allocations famille de 100 ou 112€, ils sont en train de se poser la question de l’affectation de leurs milliards de surplus budgétaire. Et tu me payes pour parler de décroissance ? Putain, mais tu prends des notes pendant tes stages ABC ? Qu’est-ce que tu fous, bordel ? Tu as levé une marxiste, qu’est-ce qui se passe ?

Avec Alain Bécile, vivez autrement la Chine

Les libéraux qui en ont un tout petit n’envisagent donc pas le retrait ?

Rêveries d’adolescents. On leur a fait adopter tout un tas de législations, ils ont courbé le dos, on ne pourra se retirer. Ils ont consenti à se la faire mettre un temps, maintenant, c’est à leur tour de nous la mettre.

Si vous élevez votre fils avec l’idée que le piano est la seule activité respectable et que 20 ans plus tard, vous vous reportez sur le violon, toute son échelle de valeurs s’écroule. Et lorsque son développement, sa croissance, reposent sur cette idée que le piano est au-dessus de tout, lorsqu’il a tout sacrifié pour ce foutu piano, c’est un drame humain. Et le gamin devenu adulte devient un survolté paumé.

Des milliards de bridés gonflés à la marxinine qui s’agacent, croyez-moi, ça devient vite incontrôlable pour un quarantenaire de mon espèce. Voyez mon ami Nicolas Sarkozy qui a cru un temps que la question pouvait être “comment leur faire adopter le violon ?” pour mes amis turcs. Erreur, cher Nicolas ! J’ai déjà eu l’occasion d’en parler avec lui, c’est un ami de longue date, il a vite abandonné cette idée saugrenue.  La Turquie a vite choisi entre le piano européen et le violon de l’Union de la Méditerranée. Et c’est logiquement que nos amis européens, l’orchestre si tu préfères, l’ont accompagnée. On ne perturbe pas une marche, fût-elle funèbre.

Splendides métaphores… mais vous semblez pessimiste, étonnant pour un optimiste de votre genre.

Ne te fous pas de moi, n’oublie jamais que je suis ton Maître et le Grand Maître. Bref, tout dépend de la situation. Moi et mes amis sommes tout à fait optimistes. Nous nous en tirerons toujours, ça ne fait pas débat ni d’ébats d’ailleurs. Ca en jette, non ? Je suis en train de monter avec  mon amie Aude L. -elle est charmante, j’te raconterai- un stage littéraire. Il faut faut croire que j’intercepte les ondes positives qui se réverbèrent sur sa chevelure chatoyante.

Vous êtes un séducteur Alain Bécile.

Et puis fais moi plaisir, cesse ce vouvoiement débile, nous sommes en République, merde !

J’ai rendez-vous, nous poursuivrons cette passionnante discussion plus tard.

Merci Alain Bécile.

C’était Rencontre avec Alain Bécile en direct depuis les bureaux d’Alain Bécile Consulting (ABC).

Autrement, sachez qu’Alain Bécile traverse une période difficile. Les luttes d’influence avant le congrès fondateur des libéraux qui en ont un tout petit sont rudes. Alain Bécile se veut évidemment rassembleur et ne néglige personne, des hayeko-randiens aux vonmisiens-bastianistes. Des pressions ont lieu, un truc très violent et assez sordide à base de caisses de Bordeaux empoisonnés, des cigares-pétards, de piles de Libé enflammés jetés sur des moquettes de 7cm d’épaisseur etc. Ce n’est pas beau à voir, vraiment.

Alain Bécile est très peiné à la simple évocation de ces “incidents malheureux mais dont la vie politique est malheureusement constituée, je préfère y voir la preuve d’un débat d’idées riche et enthousiasmant. Il y a certes des épreuves mais je crois que dans le parcours d’une personnalité qui aspire à évoluer sur le terrain le plus noble qui soit, celui du débat d’idées, de la graônde politique [...]” etc. j’ai coupé, il me fatiguait.

Si ses détracteurs nous lisent, qu’ils sachent que lorsque Alain Bécile commencera à vraiment dégainer ses réseaux, la DDE du Cantal recrutera ou votre habitation sera malheureusement remplacée par une avenue réservée aux unijambistes homosexuels. Avenue que son ami Bertrand aura dessiné.

Et il dessine très mal.

Un ancien élève d’ABC craque. Il n’avait pas suivi le stage “Maîtrise de soi”.

Un coup de feu retentit.
- Restez où vous êtes ! Un autre coup de feu. Un gamin, en salopette, sort d’une habitation minable. Il braque un fusil de chasse presque plus grand que lui. Vous êtes de la banque ?
- T’es le fils de Wash ?
- Oui, m’sieur. Papa m’a dit de tirer sur les gens de la banque.
- On n’est pas de la banque, petit.
- Ah bon ? Il m’a dit de tirer aussi sur les huissiers.
- On n’est pas non plus des huissiers.
- J’ai dégommé le type du recensement.
- T’es un bon p’tit. Heu, il est là ton papa ?

Nouveau bleaugue, ça sent encore le neuf mais le temps fera son oeuvre.

Firefox 3.0 laissant des traînées grisâtres sur LGC, il fallait changer. J’ai été un des premiers français à télécharger Firefox 3.0. Reçu par mail d’un ami toujours au taquet sur tout -un garçon épatant- le projet de Firefox de battre le record du monde de téléchargements en une journée. J’ai donc téléchargé Firefox 3.0, pour entrer dans l’Histoâre. Il suffit de peu, finalement. J’ai même eu un diplôme. Je ne savais pas encore qu’il allait sceller le sort de la LGC SA. Rapport à ces traînées de gris dégueulasses qui persistent, rien à faire. C’est toujours à double tranchant les diplômes. On se réjouit de tourner une page et puis la mélancolie nous rattrape par l’épaule (que David Martinon a frêle). Et en peu de temps, on finit réactionnaire. C’est comme ça. Voilà pour les raisons du changement.

Lors d’une de mes premières expériences de débat d’idées sur internet (façon polie de dire foire d’empoigne sans queue ni tête), entre autres DTC, et PAN ! à chaque faute d’orthographe, on mettait des RELOADED partout. Ca faisait branché. Voilà pour le titre du billet.

Pour le nouveau titre du bleaugue, Pigasus, j’en ai déjà parlé du temps glorieux de LGC SA. Steinbeck, le nobliot florentin, l’esprit gentleman farmer etc. L’animal terrien par excellence et reconnu pour son absurdité (Pig) qui aspire à s’élever (Pegasus). J’trouve ça plutôt fantasque, champêtre et classouille. Ce qui néanmoins ne m’engagera pas pour la suite. Voilà pour le titre du bleaugue.

J’avais hésité entre Pigasus et Blue-eyed son, rapport à la chanson de Dylan. J’aime bien cette structure de récit, l’enfant, le sage, le feu de cheminée, le gamin d’Absalon ! Absalon ! qui avant de partir à Harvard se prend 2000 ans d’Histoire dans la tronche lors d’une discussion avec une Ancienne etc.  Il n’y est pour rien, mais il n’y échappera pas, ce petit être monstrueux fait des regrets des adultes. Tout cela m’évoque Clément Rosset,  un de mes philosophes marginaux fétiches, faudra que je vous en cause. Bref, Faulkner est génial, point barre. Ô, what did you see my blue-eyed son ? A ce sujet, Ethan Coen a écrit une nouvelle bien sentie sur les poèmes commençant par des Ô. Ca fera l’objet d’un billet, peut-être. Bref. Alors, Pigasus avec le header du gamin crasseux qui prend la T.A.N.G.E.N.T.E comme sa mère, c’était un bon compromis. C’est en plus dans la continuité de mes anciens headers. Innover sans abolir, bah oui mon vieux. Et puis le décor est tout à fait remarquable. Voilà pour le header.

Autrement, j’avais pensé à convier des réactionnaires en herbe dans le secret espoir de devenir le Guy Roux de la réacosphère. Je verrai bien. J’ignore ce qu’il en est et j’ignore ce qu’il en sera car l’année prochaine s’annonce complexe. Pour le moment, seul Alain Bécile m’accompagnera. Il sera mon tuteur Citoyen.

Voilà. Bienvenue. Pour finir, sachez qu’Alain Bécile ne cautionne pas du tout le côté Pig de Pigasus,  et désapprouve l’hérétique Pegasus, “Charles, on jurerait que ton nouveau bleaugue, dès son appellation, vise à choquer nos amis les musulmans, nos amis les juifs et nos amis en général”.

Parfois, il me fatigue.

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